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Visite au Moulin à vent
de Saint-Saturnin-lès-Apt

La section DTAP de l'ANPEP du Pays d'Apt a visité le moulin à vent du village de Saint-Saturnin-Lès-Apt. Nous avons été reçu par
Laurent Grille, 

Président du Conservatoire de la Vie Rurale et Paysanne des Monts de Vaucluse et du Luberon. 

DTAP : Le Conservatoire de la Vie Rurale et Paysanne, qu’est ce que c’est ?

Laurent : « Le Conservatoire de la Vie Rurale et Paysanne des Monts
de Vaucluse et du Luberon, c’est une association loi 1901 également appelée « Li Blad d’or » en Provençal,  ou Les blés d’Or en Français républicain. Elle est née officiellement le 15 Juin 2022, mais son activité remonte en réalité à Mai 2021.
Cette association à pour buts et pour charge : La conservation, la valorisation et la promotion du Patrimoine Rural et Paysan bâti, du patrimoine matériel, de la restauration et de la mise en valeur d’objets ; mais aussi la mise en valeur et de sa promotion du patrimoine immatériel tel que la Langue Provençale et des gestes et savoirs faire ancestraux ».

DTAP : Peux-tu nous en dire un peu plus sur les moulins ?

Laurent : « Nous sommes donc sur un ensemble de trois moulins datant du XVI ème siècle. Nous sommes bien entendus sur des moulins à farine. Le plus petit en ruine, avait pour vocation de faire de la farine alimentaire pour les écuries du seigneur. Mais celui-ci qui restait à Toulouse n’a pas dû venir bien souvent à St-Saturnin. Le deuxième moulin – l’actuel musée – date de 1589, et il a fini son activité à la fin du XVIII ème siècle. Le troisième moulin, celui qui nous intéresse plus particulièrement, a terminé de travailler en 1920, avec les 20 dernières années de vie, une production de plâtre.

C’est un véritable patrimoine tant historique que culturel pour la commune. En 2018, Grâce à des subventions exceptionnelles, notamment de l’Europe, une restauration totale du 3ème moulin par des entreprises spécialisées. Il est donc parfaitement opérationnel aujourd’hui. Après l’année 2020 où il y a eu le grand stand-by des activités à cause du COVID, la commune cherchait un organisme et des personnes responsables pour faire tourner le moulin, et animer les visites au public. Notre association a donc pris en charge ces activités. Dans la foulée, nous avons créé le petit musée afin de conserver et de mettre en valeur les outils, les costumes et objets usuels de la vie d’autrefois.

DTAP : Explique-nous le fonctionnement du moulin

Laurent : « Dans la première pièce du bas, il y a une gorge en bois où coule directement la mouture dans un sacs. Cette mouture impure sera par la suite filtrée dans un tamis que l’on appelle « un blutoir ».
On trouve également les trois poutres que l’on appelle « la trempure », qui servent à régler la meule tournante au dessus.

Pour orienter les ailes face au vent on l’ensemble du chapeau (le toit) par le « chemin tournant »(1). C’est long et très pénible car c’est un travail qui demande beaucoup de force. Il faut ensuite dresser les voiles sur les ailes, régler les meules (2)  et libérer le frein (3).  Schématiquement, le vent fait tourner les ailes fixées à l’arbre central, lui-même fixé au rouet, dont les dents dites « alluvions » rentrent dans « la lanterne » (4 et 5). Celle-ci transforme le mouvement horizontal en mouvement vertical. L’arbre vertical appelé « le grand fer » et fait tourner la meule dite tournante. Le blé est vidé dans la trémie, et tombe entre les deux meules qui le broient en farine. ». 

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DTAP : En deux mots - Quelle était la vie de Meuniers au XVIème siècle ?

Laurent : « Au XVIème siècle, la vie des meuniers – et la vie de la ruralité en générale, était particulièrement dure et pénible. Nous sommes bien loin des 35 heures hebdomadaires, des congés payés et des RTT de notre époque. Les denrées telles que le blé étaient un bien précieux.
Les meuniers étaient avant tout des paysans qui avaient la charge du travail de la meulerie et la responsabilité des moulins. Celui de Saint-Saturnin était par ailleurs un bien communal. Le meunier travaillait du lever au coucher du soleil, et parfois encore plusieurs heures la nuit à la chandelle. Les sacs de blés pesaient en moyenne 120 kgs, qu’il fallait manipuler plusieurs fois et monter à l’étage. (On appelait « la Boulangerie » le bâtiment qui servait de stock). Lorsqu’il n’y avait pas de vent, ou au contraire lorsque le temps était trop mauvais, ils allaient travailler dans les moulins à eau plus bas dans la vallée. La charge de travail et de pénibilité étaient telles, que l’espérance de vie des meuniers ne dépassait pas les 50 ans. A 40 ans, le dos vouté, les poumons encrassés, maigre et sourd, ils étaient déjà des vieillards ! La chansonnette pour les enfants « meunier tu dors » est une ineptie ».

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